Azzedine Alaïa entre au musée

Plus de 30 ans qu’il est dans le paysage fashion sans y être vraiment, en jouant sa règle du jeu, loin des diktats du monde de la mode. Cet automne, une grande rétrospective rend hommage à ce maître du style.

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©Patrick Demarchelier

Après 4 ans de restauration, il fallait bien un événement digne de ce nom pour fêter en beauté la réouverture du musée Galliera, soit le musée de la mode de la ville de Paris. Et plus qu’un nom, cet événement porte la griffe de l’un des plus mythiques créateurs de la haute couture parisienne, alias Azzedine Alaïa. Pour son retour sur le devant de la scène culturelle, le musée Galliera consacre en effet une exposition à cet enfant terrible de l’élégance. Terrible parce que hors normes.

N’ayant jamais cédé aux sirènes de l’industrie du luxe. Préférant travailler à son rythme, avec un sens de l’exigence et du raffinement qui font de ses modèles des références absolues dans l’univers impitoyable de la mode. Au fil de 70 vêtements réunis dans une scénographie confiée au designer Martin Szekely, l’exposition retrace ainsi le parcours d’un prodige de l’aiguille et des ciseaux, qui a toujours fait de la coupe la marque de fabrique de son travail. Un art minutieux de la couture où la robe se fait sculpture vivante à même les formes de la cliente.

Bâtisseur de cathédrale

Des vêtements comme une deuxième peau, tant Alaïa affectionne une mode aussi glamour et sexy que rigoureuse. Architecture ou sculpture comme on voudra, il y a du bâtisseur de cathédrale au bout de ses doigts rompus à toutes les techniques du façonnage d’une robe. C’est cela, la magie Alaïa, sublimer la femme en soulignant le calice de ses galbes.

Celui qui a fait ses classes en habillant Greta Garbo, Arletty ou Louise de Vilmorin, qui a conquis Tina Turner, Naomi Campbell, Sofia Coppola, est entré lui aussi dans la légende. Il n’hésite pas à critiquer les 2 personnes les plus influentes de l’empire mode que sont Anna Wintour et Karl Lagerfeld, vient de signer les costumes pour le dernier ballet d’Angelin Preljocaj. Pour le reste, comme il le dit lui-même,  » je fais des vêtements, les femmes font la mode… »

Du 28 septembre jusqu’au 26 janvier
www.galliera.paris.fr