10 images qui résument le Festival de Cannes 2016

Dimanche prochain s’achève la 69 ème édition du Festival de Cannes. Pour beaucoup ce jour signe la clôture d’un passionnant et épuisant marathon cinématographique, pour d’autres, les curieux, locaux et autres étrangers venus pour l’occasion, la fin d’une période aussi intense que grisante. Comme chaque année, des moments forts, des tops, des flops, des célébrités, et de l’émotion à gogo pour tout le monde. 

2016 se définit – selon la rumeur qui court dans les files d’attente et les salles de projection – comme une année plutôt calme, loin de la folie cannoise et des débordements des précédentes éditions (la faute à la paranoïa politique ambiante ? A l’absence de Canal + à Cannes ? Les spéculations vont bon train). Un Festival bien maigre en stars internationales, dont l’absence de coups d’éclats, de folies en tout genre et d’esclandres laisse interrogateurs bon nombre d’habitués.

Retour en images sur les temps forts qui ont rythmé cette 69 ème édition : 

La cérémonie d’ouverture par Laurent Laffitelaurent-lafitte-908227_w1020h450c1cx430cy924cxt0cyt0cxb3557cyb2532

Le discours de Laurent Laffite en maître de cérémonie cette année devrait rester imprimé dans les mémoires des festivaliers pour un bon bout de temps. D’un cynisme absolu de bout en bout (certains parleront plutôt de mauvais goût) et d’un mordant irréfutable, le discours du trublion a laissé le grand théâtre pantois. En roue libre, sans aucunes limites, le comédien de la Comédie Française a appuyé joyeusement là ou ça fait mal : tout le monde en a pris pour son grade, de Thierry Frémaux à Woody Allen (sa blague sur le viol a particulièrement froissé Emmanuelle Seigner), sans compter les allusions tranchantes à l’actualité. Une performance verbale qui, accompagnée du baiser baveux avec Catherine Deneuve de 30 ans sans aîné, ouvrait le Festival avec fracas.

La montée des marches de Julia Roberts11761926_e5a79994aec7da42f2d3338c7c78ea4f_x

Pour sa première fois à Cannes, l’actrice de Money Monster s’est fait remarquée avec une certaine classe. Majestueuse dans sa robe pigeonnante griffée Armani, la comédienne a pris tout le monde de court en gravissant les marches sacrées du palais nus pieds. Un joli « pied de nez » aussi pudique que féministe aux codes rigides de la bienséance cannoise pour dénoncer haut et fort ce que sont les talons hauts pour beaucoup de femmes dans le monde : un accessoire de torture.

Le succès du film Toni Erdmann de Maren Ade Capture-decran-2016-05-14-a-12

En compétition officielle, l’ambitieux drame familial Toni Erdmann de l’Allemande Maren Ade. Ce long-métrage à l’écriture ciselée dépeint la relation chien-chat entre une businesswoman stricte et son farfelu de père accro aux déguisements. Une histoire de famille à fleur de peau, discrète et cérébrale, d’une durée totale de 2h42 que beaucoup de critiques s’accordent à dire qu’il remportera la Palme cette année.

Kristen Stewart, actrice chouchou du FestivalFotorCreated

Depuis son succès tonitruant à Cannes en 2014 aux côtés d’Olivier Assayas et Juliette Binoche pour le dithyrambique Sils Maria, la belle s’est frayée une place de choix dans le coeur des festivaliers. 2016 ne fait pas exception. Depuis son arrivée, les caméras du monde entier sont scotchées au visage diaphane de l’actrice aux looks étudiés et à l’agenda bien rempli, Kristen Stewart présentant cette année deux films : Personal Shopper (en compétition) et Café Society. 

Le flop du Personal Shopper d’Olivier Assayasla-montee-des-marches-du-17-mai-2016-photo-22

Contrairement à sa protégée, les journalistes n’ont pas été tendres avec le dernier long-métrage du réalisateur français. Son Personal Shopper (une histoire de fantôme dans un Paris fashion) est sans doute le film en compétition à avoir obtenu le plus de critiques négatives, jusqu’à être copieusement hué et sifflé à la fin de la projection par le public. Aïe.

Grave de Julia Ducournau, la claque de la Semaine de la Critiquejulia-ducournau

Ce teen movie franco-belge dévoilé à la Semaine de Critique a fait forte impression auprès des spectateurs. Scénario sanguin et pugnace, actrices au caractère bien trempé, ce drame sur la transformation progressive d’une jeune étudiante surdouée à son arrivée en école vétérinaire a pris tout le monde au dépourvu. Un film à sensations, mouvementé et inspiré. Une belle surprise qui a remué la sphère cinéphile.

Les petites phrases de Léa SeydouxLea-Seydoux-Photocall-du-film-Juste-la-fin-du-monde-lors-du-69eme-Festival-International-du-Film_exact1024x768_lCrédit : Borde – Moreau / Bestimage

Que serait le Festival de Cannes sans une punchline bien placée ou un bashing gratuit ? Une fois n’est pas coutume, c’est Léa Seydoux qui en prend pour son grade. En cause, des déclarations aux médias particulièrement savoureuses :  « Aujourd’hui, ­j’habite près de Château-Rouge. Dans le bus, quand une Africaine s’assoit près de moi, le tchouraï, le parfum de séduction dont elles s’aspergent, me fait décoller et me donne envie de manger du poulet yassa » a déclaré l’actrice à Paris Match en interview. « Je viens de l’école de la vie » (interview Figaro Madame).

Les début de Lily-Rose Melody Depp à Cannesdepp-pl-2

La fille de Vanessa Paradis (membre du jury) et de Johnny Depp s’est attirée les faveurs de la presse en dévoilant ses talents d’actrice dans La Danseuse de Stéphanie Di Giusto dans la peau de l’espiègle et troublante artiste Isadora Duncan. Avec son corps menu et sa petite tête ronde, la comédienne de 16 ans a donné du fil à retordre à l’actrice Soko, l’héroïne du film. Un naturel et un confort à l’écran qui confirment l’adage comme quoi les chiens ne font pas des chats.

La montée des marches politique de l’équipe d’Aquariumcannes-2016-17-mai-montee-marches-aquarius_5599129Photo : VALERY HACHE / AFP

Pedro Queiroz, Allan Souza, Maeve Jinkings, Emilie Lesclaux et le réalisateur brésilien Kleber Mendonca Filho ont tenu a attirer l’attention des médias au sujet du coup d’état au Brésil, protestant contre la destitution de Dilma Roussef. L’équipe a ainsi brandi des pancartes politiques (« Arrêtez le coup d’Etat » , « Le Brésil n’est plus une démocratie » ou encore « Le monde ne peut pas accepter ce gouvernement illégitime »). Une initiative qui rappelle celle des stars lors du kidnapping orchestré par Boko Haram, « Bring back our girls ».

Les doigts d’honneur de l’équipe de Captain Fantastic sur le tapis rouge20160517nk2015051710

À de nombreuses reprises lors du photocall et avant la projection du film, Viggo Mortensen et sa troupe d’acteurs du film Captain Fantastic, a gratifié les nombreuses caméras de doigts d’honneur. Une provocation gratuite ? Une blague ? Une chose est sûre, internet s’en régale.

© Laëtitia Pinon