Festival de Cannes : la joie communicative de Ruben Östlund

Voilà, c’est fini ! Après dix jours de projections de films plus ou moins appréciables, de montées des marches pailletées et d’interminables virées nocturnes, le jury, présidé par Pedro Almodovar a livré son palmarès, hier soir.

Comme pour la cérémonie d’ouverture, c’était Monica Bellucci qui présentait cette soirée tant attendue au Palais des festivals. La sublime actrice italienne en a profité pour délivrer un message résolument féministe.

La Palme d’or est revenue au réalisateur suédois Ruben Östlund pour The Square. « C’est un film formidable et une équipe formidable. J’espère que nous pourrons travailler encore ensemble », a lancé Östlund, juste après avoir reçu le précieux trophée des mains de Juliette Binoche.

C’est un coup de maître pour lui. En 2014, son long-métrage Snow therapy avait été salué par le prix du jury dans la section Un certain regard. Mais c’était la première fois qu’il était en lice pour la Palme. Sa joie était… communicative.

Pas autant d’effusion de joie du côté de Joaquin Phoenix, qui a tout bonnement eu du mal à comprendre qu’il venait de décrocher le Prix d’interprétation masculine, pour son rôle dans le thriller psychologique You were never really here.

Visiblement surpris, l’Américain s’est présenté sur la scène en smoking, mais avec une inhabituelle paire de Converse.

Dans You were never really here, Phoenix incarne un un vétéran du Vietnam, aussi fermé que violent, qui doit exfiltrer une adolescente d’un réseau de prostitution. Un rôle de choix pour celui qui possède une présence hors-norme.

Le Prix d’interprétation féminine a été attribué à Diane Kruger, pour sa prestation dans In the fade, de Fatih Akin.

« Fatih, mon frère, merci d’avoir cru en moi, de m’avoir permis de faire ce film. Tu me donnes une force que j’ignorais avoir et n’oublierai jamais », a lancé la comédienne, qui avait pour la première fois hérité d’un grand rôle dans une production allemande, sa langue natale.

Un prix spécial a également été décerné à l’occasion du 70e anniversaire du Festival de Cannes. Il a été attribué à Nicole Kidman, à l’affiche de deux films en compétition, Les Proies, de Sofia Coppola, et Mise à mort du cerf sacré, du Grec Yorgos Lanthimos.

Déjà repartie, l’Australienne a adressé ses remerciements par message vidéo. Mais Will Smith, décidément pas à une facétie près, s’est chargé de la « remplacer ». Pour le plus grand bonheur du public et des téléspectateurs.

Le Grand prix du jury est revenu à 120 battements par minute, de Romain Campillo. Son film se concentre sur la naissance de l’association Act Up-Paris.

Actions choc, débats enlevés, amour, gay pride et house music (d’où le nom de l’œuvre) rythment ce long-métrage dans lequel l’acteur d’origine argentine Nahuel Perez Biscayart crève l’écran.

Prix de la mise en scène pour Sofia Coppola, avec Les Proies.

Prix du jury à Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev.

Prix du scénario (ex æquo) : Yorgos Lanthimos et Efthimis Filippou pour Mise à mort du cerf sacré et Lynne Ramsay pour You were never really here.

Palme d’or du court-métrage : Qiu Yang pour Une nuit douce.