Un certain monsieur Poiret

A Grasse, le Musée international de la Parfumerie rend hommage à celui qui fut l’un des rois de la mode au début du XXe siècle : Paul Poiret. Flashback.

 

poiret
© ADAGP PARIS 2013

 

Il a créé les costumes d’un chef d’œuvre du cinéma muet, l’Inhumaine, de Marcel l’Herbier. Aragon décrit une de ses robes, portée par l’héroïne, dans le roman Aurélien. Paul Poiret a marqué les esprits de son temps. Pionnier de la haute couture, figure du Tout-Paris pendant les années folles, son nom était synonyme de faste, d’extravagance et de style. Une légende de l’élégance française, l’équivalent d’un Christian Dior de l’époque, qui se retrouve au cœur d’une exposition aux charmes vintage.

Au détour de robes de la maison Poiret et de produits de beauté d’antan, celle-ci nous emporte dans une ronde frivole des plaisirs et des jours qui n’a rien perdu de son aura. Mais ici l’accent est surtout mis sur le parfumeur qu’était aussi Paul Poiret. Car l’homme avait déjà senti que, pour être dans l’air du temps, ses activités de couturier devaient s’étoffer d’une autre dimension. Le luxe comme objet de rêve et du désir, l’ivresse des sens : Poiret est l’un des premiers à concocter cette formule reine du marketing fashion d’aujourd’hui.

Un temps retrouvé

Il lance sa collection les Parfums de Rosine en 1911 et déclinera, avec l’aide de Louis Panafieu, son nez, toute une gamme de créations aux noms évocateurs, Nuit de Chine, Sa chambre, Toute la Forêt, le Balcon… Dans leur sillage, flotte comme un air de Debussy, toute une poésie. Apollinaire, parlant d’art poétique, ne disait-il pas « il faut rivaliser avec les étiquettes des parfumeurs » ? Pour gagner le cœur de ses riches clientes, Paul Poiret ne laisse rien au hasard. Les fragrances, leurs noms mais aussi les flacons, tout est ciselé, raffiné.

L’exposition se pare de nombre de ces créations, secrète une nacre moirée, luxuriante, au fil des quelque 200 objets et vidéos présentés pour l’occasion. Cette belle évocation d’un temps retrouvé s’accompagne aussi d’un volet olfactif, via le parfum Coupe d’or, signé Paul Poiret. Spécialement recrée pour l’exposition, le visiteur peut en respirer les effluves et les matières premières qui composent son jus dans l’une des salles du parcours.

www.museesdegrasse.com