2017 : l’année de Gucci

Une année historique

2017 restera l’année de tous les records pour Gucci. La croissance exponentielle de la griffe italienne permet au groupe Kering qui la détient de devenir le numéro 2 mondial du luxe devant Richemont et derrière LVMH.

Révélés le 13 février dernier, les résultats annuels du consortium piloté par François-Henri Pinault indiquent une progression de 42,6% des ventes de Gucci au 4ème trimestre 2017. La marque florentine représente désormais à elle toute seule 70% des profits du groupe de luxe: “Kering a réalisé une année 2017 phénoménale. Je ne connais pas de groupe de notre taille qui ait connu une telle croissance !”, s’enthousiasme le PDG et principal actionnaire.

Et pour cause, avec une augmentation de 27% de son chiffre d’affaires, Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga et Bottega Veneta) signe donc les meilleures performances du secteur grâce à Gucci.

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Alessandro Michele : l’homme de la métamorphose

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Ces résultats sont une bonne nouvelle pour la marque qui renoue avec le bénéfice après une période difficile. A l’origine de ce renouveau, le créateur de mode Italien de 45 ans Alessandro Michele. Avec ces allures de chaman, le directeur artistique de Gucci depuis 2015 a su révolutionner les codes esthétiques et entamer le renouvellement de l’offre. Collections, décoration des boutiques, communication, réseaux sociaux… Tout a été repensé pour donner un nouveau souffle à la marque créée en 1921. Pour cela, le créateur n’a pas hésité à s’adresser aux nouvelles générations tout en prolongeant le patrimoine culturel de Gucci. Un pari réussi puisque 50% des clients sont des « millenials » (18-35 ans). Et ce que ce nouveau public apprécie, c’est l’excellence artisanale de la marque associée à une vision créative authentique.

“Nos marques sont en phase avec les nouvelles habitudes de ces clients qui ne cherchent pas un objet statutaire, mais un objet de désir, pour lesquels une composante créative forte est essentielle”, reprend François-Henri Pinault. Pour épouser ce besoin de singularité mêlé à une quête de sens, le luxe moderne doit donc être “plus audacieux” et impliquer une “prise de risque créative” qu’incarne parfaitement le designer.

Avec ses créations aux couleurs vives, aux broderies psychédéliques et aux imprimés art déco, l’homme à l’aura mystique signe des collections non plus hors sol -comme ce fût longtemps l’usage dans le milieu- mais en phase avec le présent. Interactive et digitale, sa démarche parle à la jeunesse et place l’émotion et la créativité au centre du jeu. En 2015, le directeur artistique s’est vu attribuer un British Fashion Award du meilleur designer. Cette année-là, en remplaçant au pied levé Frida Giannini, Alessandro Michele avait réussi l’exploit de boucler sa première collection pour Gucci en tout juste 5 jours, avec déjà une empreinte particulière mêlant androgynie et renaissance italienne.

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Le succès instantané de ses collections doit sans doute à son ancienneté chez Gucci. En effet, avant de devenir directeur artistique de la maison, l’homme travaillait depuis plus de 10 ans aux accessoires de la marque et était donc fortement imprégné de son histoire. Assez pour conduire sa métamorphose. Exit l’identité glamour et sexy de Gucci, avec Alessandro à la manœuvre, les collections s’ouvrent à des références plus érudites, plus rock et plus hippies. Les mots d’ordre : exubérance, excentricité, audace. Son esthétique plurielle où viennent se mêler influences gothiques, romantiques, chinoises ou encore londoniennes font bouger les lignes de la création artistique. Une manière non pas de supprimer les codes mais de les réinventer. Et ça marche. Avec 6,2 milliards de ventes en 2017, Gucci est devenu en quelques années le fer de lance du groupe Kering et le nouveau centre de gravité de la mode.

www.gucci.com